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J+ 253 (15/05/2012) Salta

Posted by on mai 16, 2012

A notre réveil nous entendons le chant des oiseaux… ce qui nous a manqué pas mal en Bolivie, alors on savoure. Cédric va chercher du pain à la boulangerie pour  le petit-déjeuner, et nous le dégustons dans un endroit sympa avec du café et l’éternel mais incontournable « Dulce de Leche », promis on vous en ramènera, c’est vraiment trop bon… bon pas très diététique ni très bio, quoique, il y sûrement moyen d’en trouver mais c’est toute l’identité latino qui s’y trouve alors je n’y résiste pas 😉

Nous prenons notre temps ce matin, balade dans le centre ville et petite café sur la place quand même… puis nous filons au MAAM, musée d’archéologie de haute montagne de Salta… Retrace l’aventure magique d’archéologues qui ont découvert en 1999 trois momies d’enfants à plus de 6000m d’altitude. Les momies sont incroyablement bien conservées grâce au froid, au manque d’oxygène et de toutes bactéries. Le musée est petit mais superbe, on y voit de jolies statuettes habillées de tissus méticuleusement brodés, de jolies céramiques… Il y a trois momies, une seule est exposée, les deux autres sont conservées à l’abri des regards, ils alternent tous les six mois. La momie est celle du petit garçon de six ans. La conservation après 500 ans est impressionnante et déconcertante. Nous sommes face à un enfant décédé il y a des siècles… et on attendrait presque qu’il se mette à bouger.

À Salta se trouve un des plus impressionnants musées qu’il nous ait été donné de voir : le Museo de Arqueologia de Alta Montaña (le MAAM). Celui-ci a été mis en place après qu’une expédition d’archéologues montagnards ait découvert au sommet du Volcan Llullaillaco à plus de 6700 mètres d’altitude un cimetière inca.
Ce site archéologique est le plus haut du monde et un des plus fascinants. On y a trouvé une plateforme cérémonielle de 10 mètres sur 6 où étaient creusées dans la roche trois tombes à 1,5 – 2 mètres de profondeur. À l’intérieur de chacune se trouvait un enfant recroquevillé dans un état de conservation parfait, plongé dans un rêve de plus de 500 ans.
Cette adolescente de 15 ans (la Doncella), cette petite fille de 6 ans (la Niña del Rayo) et ce garçon de 7 ans (El Niño) ont tous trois été choisis par l’élite Inca de l’époque pour participer à ce rituel considéré par tous comme un très grand honneur. Les sacrifices d’enfants, qui sont plus rares que d’autres dans la culture Inca, revêtaient une symbolique particulière dans le sens où la victime se voyait élever au rang de divinité (et non offerte en cadeau aux Dieux). À leur mort, les enfants rejoignaient leurs ancêtres et les Dieux pour veiller sur l’Empire.
En résumé, l’hypothèse principale des historiens fait le récit de grandes cérémonies se déroulant à Cuzco au Pérou pour célébrer ces enfants choisis parmi les plus beaux des héritiers des plus grandes familles. Une fois la fête terminée, les enfants entamaient un long voyage dans les Andes en compagnie de l’Inca, d’une délégation de nobles et des prêtres du soleil. Arrivés au sommet destiné à être leurs tombeaux, ils étaient revêtus d’une tunique d’apparat, l’unku, trop grande pour eux pour leur permette de continuer à grandir pendant l’éternité puis saoulés à la chicha pour les plonger dans un sommeil sans fin. Une fois les enfants endormis par l’alcool et le froid, on les disposait au fond de leur tombeau, décidant de leur position et disposant aux alentours de nombreuses figurines de bronze (poupées et lamas), et tout un trousseau comportant de très jolies pièces de tissus et d’orfèvrerie.
C’est ainsi que les archéologues les ont retrouvés 500 ans plus tard, naturellement momifiés par congélation.
En effet, le froid (il fait perpétuellement entre – 20 ° et – 30 ° au sommet du volcan), le manque d’oxygène (la pression atmosphérique chute de plus de 50 % là haut) et la sécheresse de l’air ont permis de conserver intacts les enfants. Ce phénomène était surement voulu par les Incas, une manière de rendre ces enfants réellement éternels, à jamais au sommet de ces montagnes sacrées reliant le terrestre au divin.
La scénographie du MAAM est exceptionnelle. La première salle explique d’abord comment a été mise en place cette expédition sous la direction de John Reinhard (qui a exhumé 18 momies depuis 1995). On découvre ensuite petit à petit les différents petits objets qui ont été retrouvés, tous d’une grande finesse d’exécution. Les effets de miroirs et la pénombre qui règne dans les salles d’exposition préparent le visiteur à la dernière salle. De longs panneaux explicatifs racontent peu à peu l’Histoire incroyable de ces enfants-Messagers des Dieux.
Nous ne savions pas ce que nous allions voir. Pour avoir déjà observé d’autres momies d’Amérique du Sud (au Musée d’Art Précolombien de Santiago du Chili par exemple), nous pensions nous retrouver devant des ossements enturbannés pour former une poupée de petite taille. Par ailleurs, nous avions eu vent du fait que la communauté indigène vivant au pied du volcan Llullaillaco avait réclamé la restitution des Momies ou – tout du moins – leur mise au secret pour en respecter la mémoire. Nous n’étions donc sûrs de rien.
En arrivant dans l’avant-dernière pièce, nous nous retrouvons face à trois grands clichés. Difficile de croire ce que l’on voit… Sur fond noir, se détachent les corps intacts de trois enfants dans des positions naturelles, les visages affaissés où l’on peut encore voir les cils, les mains recroquevillées où les ongles sont encore là, la peau foncée par le temps, mais semblant respirer… Il s’agit juste de photographies et pourtant l’émotion est palpable dans la salle.
Nous n’avons pas le temps de comprendre exactement ce que nous venons de voir que nous nous retrouvons face au petit garçon en chair et en os.
Dans son caisson cylindrique, il a gardé la position que les prêtres lui ont donnée. Si les scientifiques l’ont étudié sous toutes les coutures (les radios et les échographies ont révélé des organes intacts, des prélèvements ADN ont pu être faits), ils ont également relevé le défi de recréer ici à Salta, dans un musée, les mêmes conditions qu’au sommet du Llullaillaco. C’en est tellement réel que c’est difficile à croire. On en fait le tour les yeux écarquillés, plus personne ne parle, l’imaginaire prend son envol, de nombreuses questions se bousculent…
Tous les six mois, le musée change la momie qui est exposée aux visiteurs. Il n’y en a qu’une seule qui est là en continu, celle d’une petite fille à l’étage du dessous qui, trouvée au début du XXe siècle, est ensuite passée de mains en mains, sans que ni collectionneurs ni marchands ne se préoccupent de son état de conservation. Elle a enfin pu trouver sa place dans un musée, mais les dégâts causés sont irréparables. Cette salle didactique permet de justifier l’action du MAAM concernant les trois enfants du Llullaillaco. Outre les revendications des communautés indigènes qui se sentent à la fois spoliées et outragées, nombreux sont ceux qui trouvent un côté plus que malsain à cette exposition (des cadavres d’enfants, qui ont été exécutés il n’y a pas si longtemps que ça…).
Pour le conservateur du MAAM, son équipe, et les archéologues qui travaillent à faire connaître la culture Inca, ces enfants qui ont été en leur temps un lien entre leur peuple et les Dieux sont aujourd’hui ce qui nous relie à tout cela, et continue donc de jouer leur rôle de messagers à travers le temps et les vitres.

Nous quittons le mussée les yeux émerveillés et  l’air interrogateur… décidément le monde Inca est pleins de mystères.

Nous prendrons notre diner au marché central où ici, le choix s’étend de pizzas à empanadas, tamales, humitas et locro… nous vous invitons à regarder sur internet pour trouver les délicieuses recettes de toutes ces spécialités latino ou alors de vous faire inviter à la maison à notre retour 😉  Evidemment, nous sommes en Argentine et l’ambiance change énormément par rapport à la Bolivie et le Pérou… plus propre, plus calme et plus organisé… comme la ville d’ailleurs, pour nous, le choc est encore la, je vous dis pas quand on va rentrer. Cela dit, on sera déjà bien acclimaté vu la différence ici… A quelques centaines de kilomètres, les mondes changent et le fossé se creuse… Bolivie, Argentine si proches et très lointains. Demain nous reprenons nos vélos… on se réjouit… le décor s’annonce pas mal nous dit-on…

Delphine

One Response to J+ 253 (15/05/2012) Salta

  1. therese

    hola,que de culture à travers votre voyage mais j imagine quand meme que la visite du musée pas du etre évidente devant les momies et impressionnant à la fois contente de voir que tout se passe toujours bien pour vous deux pas mal ced à la cuisine génial les nouvelles photos ,merci pour tout se bonheur et ses vues magnifiques ,quel partage et quelle culture car chaque jours apprenons un peu aussi la culture inca essayez de vous souvenir de ce que vous mangez aurons des recettes à faire ensemble à votre retour mes chéris une bonne continuation et aussi toujours mon courage avec vous meme si maintenant vous avez moins froid ,une chance pour dedelph pour ton sac ,j’espere que pour ton épaule cela va maintenant amigos hasta luego muchas besos

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