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J+162 à 167 (14 au 19/2/12) Piura (marché de Catacaos)- Chiclayo-Trujillo

Posted by on février 25, 2012

Ce matin, sous une chaleur accablante, nous prenons un « collectivo » (minibus) en direction de Catacaos, petit village poussiéreux spécialisé dans le travail de l’argent, on y trouve, tout comme à Chordeleg en Equateur, un éventail étendu de bijoux en argent, notamment le célèbre filigrane. Le travail se révèle moins précis qu’en Equateur…. Mais il y a un nombre incalculable d’échoppes vendant des céramiques, tissages… et bien sûr les habituels marchés aux fruits et légumes, etc animés. Les grandes villes de la côte du Pérou se révèlent plus animées que les villes de montagnes en Equateur, les klaxons sont omniprésents, il y a un brouhaha d’enfer, et nous retrouvons la chaleur écrasante de l’Amérique Centrale. De plus, on y trouve de tout, commerce de proximité comme grandes chaîne de magasins, Cédric réussit enfin à trouver des sandales dignes de ce nom qui ne soient pas en plastique… Le contraste est saisissant entre l’animation de la côte et le calme des villes andines. Nous reprenons la route en direction de Chiclayo, ville tout aussi chaude, n’ayant pour attrait que son immense marché où l’on trouve absolument de tout, des fruits et légumes, à la viande hachée pleine de mouches en passant par des mygales sous cadre et de quoi préparer un envoutement. On n’y croisse pas de gringos, sauf peut-être de temps à autre pour acheter une plante hallucinogène provenant de la Selva péruvienne, très réputée pour son efficacité. La ville a été déclarée ville officielle de l’amitié par ses habitants, et en effet les gens sont très sympathiques, toujours pour entamer la conversation en nous demandant d’où nous venons et où nous allons. Et nous arrivons à notre étape finale, pour quelques jours…. Trujillo, où nous retrouverons mon cher père et Joëlle, et où nous attendent nos vélos… Lucho, propriétaire de la Casa de Ciclista de Trujillo est chargé de les réceptionner. Seulement, comme rien n’est simple en Amérique Latine, la douane refuse de lui donner depuis plus d’une semaine… Nous avons du mal joindre Lucho, nous nous consacrons donc à prendre nos repères dans cette très jolie ville coloniale. Le soir, la ville est absolument superbe. On en profite pour faire un petit tour à l’hôpital auprès d’un kiné, pour voir si mon épaule se remettra… Elle m’explique quelques exercices, que Cédric pourra refaire à l’hôtel. Nous sommes déjà vendredi, et nous filons vers le minuscule mais très moderne aéroport de Trujillo. Nous sommes heureux d’avoir la compagnie de nos intrus 😉 Surpris par la chaleur et la conduite un peu folle des Péruviens, ils sont heureux de nous retrouver dans un endroit aussi exotique. Notre hôtel doit être un des plus calmes de la ville car le concert interminable et entêtant des klaxons des chauffeurs des taxis se fait entendre de loin. Nous passons une sympathique soirée où Cédric essaye le plus calmement possible de m’expliquer les règles du whist… les cartes et moi, nous ne sommes pas très copines. Nous réussissons à trouver du bon vin blanc frais pour que les hommes ne soient pas trop perturbés, enfin surtout Hubert, vous l’aurez compris. Nous partons à la chasse des cultures Chimu et Mochica en visitant les sites de Chan Chan et du temple du Soleil et de la Lune. La chaleur se fait accablante mais le vent nous sauve de l’évanouissement 😉 Pour découvrir ces deux civilisations… http://daniel.duguay.free.fr/Guide_du_Perou/trujillo.htm Le soir, direction le petit village côtier de Huanchaco, à 10km de Trujillo. Le coucher de soleil est sympathique mais pas possible de se baigner, le courant est trop fort et l’eau trop froide. Privilège réservé aux surfeurs. Nous buvons un verre en bord de mer avec la musique latine dans les tympans… Ici, ils font des concours de celui qui mettra la musique le plus fort… vacarme assourdissant garanti. Nous y avons droit aussi ce samedi soir, la discothèque en face de l’hôtel démarre sa soirée à 1h du matin jusqu’à pas d’heures avec un volume sonore inimaginable. Et évidemment le lendemain matin, en ville, c’est le concert de klaxon qui prend le relais. Les rues de la ville sont jaunes, tant il y a de taxis, presque pas de voitures privées mais des taxis à en perdre la tête. Dimanche matin, nous assistons au lever du drapeau sur la Plaza las Armas. Militaires, cortège et délégation officielle sont présents. Le tout revêt un aspect très solennel, les gens qui sont resté assis sur les bancs en observant la cérémonie sont priés de se lever par les policiers. Chant national et déclaration officielle de rigueur. Défilé des associations de senior en prime, certains sont en costumes traditionnels de Trujillo dont la danse est la marinéra. Nous n’aurons pas le plaisir d’en voir une… Nous filons boire un bon café dans une petite brasserie très sympa, qui nous rappelle notre vielle Europe, costume trois pièces noir et blanc pour les garçons de café 😉 Nous rêvons de déguster toutes les spécialités du Pérou et de la côte… mais la chaleur coupe l’appétit et la seule chose que nous pouvons manger, à part le bon chocolat, les gaufres et les biscuits reçu dans les colis, c’est un bon céviche préparé avec le poisson de la côte toute proche. Papa et Cédric se risquent au Cuy, cochon d’inde géant cuit à la broche, le résultat est mitigé… Je réussis enfin à joindre notre ami Lucho, afin de récupérer nos précieux vélos. Rendez-vous à dix heures lundi matin à la poste… Lucho se révèle très sympathique, fan de vélo avant tout et surtout de monsieur Eddy Merkx… vive la Belgique 😉 Le contact avec le chef douanier est compliqué, il a déjà refusé quatre fois à Lucho d’emporter nos vélos sous prétexte que les Péruviens n’ont pas le droit d’importer des objets de seconde-main. Lucho, qui n’est pas du genre à lâcher l’affaire, insiste en expliquant bien qu’il est propriétaire d’une casa de ciclista, en expliquant mon accident… mais il ne veut rien entendre…. Il prétend que nous voulons revendre nos vélos ici. Je lui réexplique mon accident, pourquoi nous avons envoyé les vélos à Lucho et non ailleurs, lui explique notre parcours jusqu’en Argentine. Puis il trouve un autre problème, il dit qu’il veut savoir combien valent nos vélos, parce qu’il doit prendre 14 % de la valeur… drôle d’idée… Lucho me fait de grands yeux, en me disant de dire le plus bas possible, mais ce que je dis est quand même de trop. Donc, il nous fait encore patienter. Après quelques coups de fils passés on ne sait où, il me rappelle, prétextant qu’il veut savoir combien nous avons payé pour envoyer nos vélos au Pérou, pour en prélever un pourcentage. Encore une invention, il veut tout simplement 300 dollars… apparemment notre carton de valises de vélos ne lui pose pas de problèmes mais les vélos il ne veut pas les lâcher pour rien…. En discutant, nous le distrayons afin qu’il perde le fil de ses idées, il ne sait pas qu’elle est la monnaie en Equateur. Il trouve comme problème aussi, que, étant donné que les trois colis sont à mon nom, il ne voit pas pourquoi j’ai deux vélos… Il veut que je lui prouve que Cédric est bien mon mari…Original…Cédric, calmement mais fermement me demande si on appelle notre ambassade, coup d’œil avec Lucho, et oui nous sonnons à l’ambassade… Ce qui calme bizarrement notre douanier en chef-coq-de-la-cour-de-la-poste… Il nous dit finalement que pour 50 dollars il veut bien nous donner les vélos, et que si on ne veut pas payer, c’est possible mais nous devons aller, et seulement demain, à la douane, à une demi-heure de route, pour faire remplir des papiers. Etant donné que ça fait plus de deux heures que nous sommes là avec Lucho à faire le pied de grue, nous décidons de payer… Lucho n’en revient pas somme ça été vite… Vite, vous imaginer perdre du temps comme ça pour deux vélos… Mais Lucho nous explique que ici
, l’administration, les gens de pouvoir ou même les gardes de sécurité, n’hésitent pas à abuser de leur pouvoir sur les autres, soit pour impressionner, faire le malin auprès des dames, comme ce fût le cas ici, ou alors par simple envie de profiter des autres et puis surtout pour l’argent. Il nous dit qu’il faut se battre sans arrêt pour avoir des droits et que les lois ne sont pas souvent faites pour leurs simplifier la vie. Nous l’avons vécu en direct, il n’y avait pas de raisons de percevoir quoi que ce soit ni même nous avoir considéré de la sorte, Lucho et nous. Nous avons, grâce à tout ça, pu découvrir une personne admirable et extrêmement serviable, Lucho nous a été d’un grand secours avec nos vélos, sans lui nous y serions toujours où alors nous aurions les poches vides… Merci à lui pour son aide et sa patience, nous nous réjouissons de visiter sa casa de ciclista dans quelques jours mais avant ça, nous allons découvrir les bus de nuits, le peuple des nuages et les Andes péruviennes…. A bientôt Delphine

2 Commentaires

  1. Damien Degavre

    C’est fou comme le fait de parler de l’ambassade fait passer le prix de 300 à 50.
    Comme de quoi le système en place est encore bien pire que chez nous.
    Et puis vive les pots de vin !!!

  2. Lalotte

    Hé ben Dedel, tu as été courageuse de raconter tout cela!
    Je vous envoie milles bisous!

    Je n’arrête pas de penser à vous …

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