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Bolivie

Bolivie

 

Capitale :
Sucre
Langue :
Aymara, espagnol, guarani, quechua
Monnaie :
Boliviano
Nombre de Km prévu :
1200
Nombre de Km réalisé :
783 (24 jours)


Trajet


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J+ 218 (10/04/2012) Juli (alt3900m) – Copacabana(Bolivie) 62km

Une bonne grimpette nous attend pour quitter la ville… arrivés au dessus, une très jolie vue s’offre à nous. Le dénivelé d’aujourd’hui fût un peu plus costaud que les autres jours, si bien que l’envie de rouler est moins forte. Mais comme depuis que nous sommes près du lac, les paysages sont enchanteurs, aujourd’hui nous avons droit à de petits bosquets qui sentent merveilleusement bon le pin, ensuite des champs de fleurs dont j’ignore le nom mais qui sentent bon le savon 😉  Nous passons aussi par de jolis champs de toutes les couleurs où les gens cultivent leurs parcelles de terre au rythme des chants des oiseaux. L’air y est doux, le soleil est de la partie. Le temps paraît comme suspendu, les gens travaillent comme chez nous il y a des années… Les ânes font les mules 😉 et les cultivateurs aussi malheureusement.  Les Péruviens sont toujours aussi gentils, sauf peut-être ceux qui nous crient gringos à tout bout de champs. Nous dînons à la ville frontalière de Yunguyo, où nous en profitons pour changer nos soles péruviens. Nous avons un peu le cœur gros de quitter un pays où nous sommes depuis deux mois et dans lequel nous nous sentions bien.

Lorsque nous croisons des écoliers, Cédric a pris l’habitude de leur dire « tape m’en cinq » (universelle comme phrase). Ce qui fait qu’en général, ils se mettent tous en bord de route pour frapper la main de Cédric. Ca a fonctionné si bien que nous sommes entourés d’enfants poussant nos vélos, nous courant après ou essayant de faire la course… Une belle manière de quitter le Pérou et tous ses mini-bouts adorables.

Le passage à la frontière péruvienne se fait tranquillement, rarement nous avions vu une douane aussi calme. Mais seuls les étrangers comme nous passent cette frontière pour se rendre dans la très touriste ville bolivienne de Copacabana. Le transit commercial se fait par l’autre frontière de Desaguadero.  Du côté bolivien, c’est tout aussi calme, peut-être un peu trop. Une partie des douaniers regarde un film tandis que l’autre s’amuse à persécuter les pauvres gringos comme nous 😉  Nous insistons pour avoir plus de 30 jours sur notre passeport. Avec les vélos, pour traverser le pays, c’est un peu juste.

Il nous reste 8 km jusqu’ à Copacabana, le temps est ensoleillé et agréable et le paysage toujours aussi beau, une agréable odeur de bon pain se dégage de la campagne. Nous montons une colline pour arriver à la ville, ce qui nous permet d’avoir une vue imprenable sur la baie. Nous comprenons pourquoi cette bourgade est si touristique. L’eau est bleue intense et c’est la seule plage de Bolivie. La ville est jolie mais hyper « gringosisée »… Nous trouvons une petite auberge très sympa et chaleureuse. Les Boliviens nous font une bonne première impression. Vamos a ver mas tarde 😉

Delphine

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J+ 219 (11/04/2012) Copacabana (alt3825m)

Nous partons sous une pluie battante pour l’Isla del Sol (là, où selon les Incas, le soleil est né, avouez qu’il y a de quoi rire, non ?)… Moi, ce matin, en voyant cette pluie torrentielle, j’aurais préféré rester dans mon lit douillet. Cédric étant un optimiste de nature, se dit que de un, nous avons payé nos billets et de deux, qu’il y a des chances que ça s’améliore. Nous partons donc pour la plage habillés comme des plongeurs pour résister à cette pluie froide et désagréable. Nous embarquons sur un rafiot, n’ayons pas peur des mots, avec deux moteurs cela dit, quel luxe. Nous sommes sur un lac, donc à priori c’est plat, sans une vague, une mer d’huile normalement. Et bien non, avec ce temps, ce vent, l’eau est agitée. A peine ais-je mis les pieds sur le bateau que je sais que ça ne va pas être simple. Nous faisons la rencontre d’un sympathique couple de Français avec qui nous discutons une partie de la traversée… Jusqu’à ce que je doive me rendre à l’arrière du bateau… mon estomac n’a pas tenu. Cédric s’étant gavé de Mercalm avant…. Il se porte comme un charme. Le reste de la traversée sera pénible, dehors, sur le pont, sous la pluie, à me forcer à regarder la ligne d’horizon pour ne plus être malade. Nous arrivons deux heures tard sur l’île. La terre ferme me fait du bien malgré le fait que tous mes vêtements soient trempés… Mais le soleil est revenu bien tapant pour me réchauffer les os. Merci Dieu Soleil. Nous suivons le guide pour deux heures de visite de l’île. Avec ce soleil, elle est très jolie. Un mélange de la Corse et des îles grecques. La chaleur des habitants en moins. Certes c’est très beau mais les habitants, sûrement lassés de voir autant de touristes sont tout juste sympa. Avec le vent froid qui balaie sans cesse le lac Titicaca, le charme n’opère pas vraiment. Nous sommes contents d’y avoir été, comme ça pas de regrets mais le tourisme de masse fait de beaux dégâts. Le retour se fera plus calmement étant donné que le Soleil est venu pour calmer les choses… Enfin sur la terre ferme, et je ne suis pas prête de reposer les pieds sur un bateau. Pour nous remettre de nos émotions, nous nous offrons de bonnes crêpes au chocolats…. Hum, quel délice.

Delphine

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J+ 220 (12/04/2012) Copacabana (alt3825m) – Huatajara (alt3820m) 67km

Petit-déjeuner tranquille à l’auberge en discutant avec deux Françaises qui vivent depuis toujours  à Bruxelles… elles sont heureuses de rencontrer enfin des Belges… comme quoi, le pays manque à tout le monde.

La première partie de la journée, nous la savons bien, est plus corsée que les autres jours… Nous devons remonter jusqu’à  4250m. Nous grimpons bien, malgré le fait que Cédric n’est  toujours  pas très en forme. Mais il tient bon malgré tout. Les paysages que nous traversons tout au long de la matinée sont magnifiques, nous avons le soleil avec nous, le vent aussi malheureusement… Mais ça reste enchanteur, on se croirait toujours en méditerranée, c’est un vrai plaisir de rouler… même si c’est parfois dur. Nous arrivons à San Pedro de Tiquina où nous devons prendre un « bateau » pour nous rendre à l’autre rive où la route continue jusqu’à La Paz. Nous embarquons sur un genre de barque en bois (voir photos plus tard) avec une autre voiture, les bus sont logés à la même enseigne, assez pittoresque. Les passagers des bus embarquent sur des « lanchas ». Nous voilà dix minutes plus tard sur l’autre rive où nous recroissons le couple de Français rencontrés hier. Nous réattaquons avec  six kilomètres de montée. Nous ne sommes pas épargnés aujourd’hui. S’en suivra des kilomètres en dos d’ânes… et puis encore des kilomètres pour trouver un hôtel, pas de camping ce soir… Faut un lit bien chaud pour mon amoureux. Cela dit je suis contente de prendre une bonne douche chaude aussi.

Delphine

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J+ 221 (13/04/2012) Huatajara (alt3820m) – El Alto, La Paz (alt4020m) 70km

Nous nous réveillons un peu bizarres dans cet hôtel fantôme où des bruits étranges m’ont empêché de dormir la moitié de la nuit. Cédric se réveille doucement un peu « grogui », mais la nuit fût réparatrice. Nous avons comme destination la banlieue de La Paz, El Alto… Capitale Aymara, communauté indigène du pays. El Alto est tentaculaire, plus de 650 000 indigènes y vivent. Autant dire que nous allons faire tache 😉 Les premiers kilomètres de la journée sont difficiles, nous montons sans cesse  et doucement mais à cette altitude ci rien n’est facile. Après le diner, c’est d’un plat parfait, nous avançons incroyablement bien. Aux alentours d’El Alto, la circulation s’intensifie et nous remontons de nouveau. On n’appelle pas ce quartier « El Alto » pour rien. Nous cherchons, cherchons un hôtel pour nous loger au moins cette nuit, nous verrons bien demain si nous descendons dans le centre de la ville en vélo…. Ce dont je doute fort 😉  Mais trouver un hôtel correct dans ce quartier n’est pas chose facile. On va dire que ce n’est pas très recommandé pour les étrangers comme nous. Nous débusquons un hôtel sur la route principale qui nous inspire confiance. Seulement voilà, plus de chambre de libre pour deux personnes, il reste la suite. Après réflexion, et Cédric étant encore un peu faiblard, nous disons oui. Mais bon, pas d’eau chaude dans la chambre… à ce prix, hors de question de rester là. Et puis, comme par magie une chambre double réapparait. Nous négocions le prix car c’est franchement plus glauque. Mais l’hôtel nous semble sécurisé, ce qui ici, est important. Soirée calme en perspective… rien de passionnant ni à faire ni à voir… Demain, nous allons visiter La Paz, à mon avis plus mythique par sa localisation de capitale la plus haute du monde que par sa richesse architecturale.

Delphine

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J+ 222 (14/04/2012) La Paz

Direction LA PAZ…  en microbus, ce qui est plutôt typique et rigolo. Les gens sont sympas et nous renseignent volontiers sur la direction et les bus à prendre pour nous rendre dans le centre-ville. Nous débarquons devant la très imposante église San Francisco. La ville bouillonne, on ne sait où donner de la tête. Tout monte ou descend ici, rien n’est plat. La ville est encaissée dans une immense vallée qui plonge de 4000m jusqu’ à 2900m… Vu d’au-dessus c’est assez impressionnant. Nous arpentons les rues pavées qui ont un certain charme avec leurs boutiques d’artisanat coloré. La ville est bruyante, sale et n’a pas vraiment d’intérêt. Les touristes se pressent dans les rues commerçantes pour faire leurs achats d’artisanat ou de matériel de sport ou de trekking. On parle beaucoup le français et l’hébreu. Il y a même la traduction dans les agences de voyage en hébreu…  En marchant dans l’allée aux sorcières (on trouve tout pour faire des rites ou sortilèges, même des fœtus de lama…), nous rencontrons Julie, la charmante Française que nous avons déjà croisé à Cuenca et à Cuzco… Nous prenons un deuxième délicieux petit-déjeuner en sa compagnie.

Comme la plupart des touristes, nous achetons de quoi affronter le froid qui nous attend à Oruro et Uyuni. Deux grosses doudounes feront l’affaire on l’espère. Des températures négatives nous attendent dans le Salar d’Uyuni et dans le sud Lipez.

Nous faisons halte dans un petit café 100 % naturel, histoire de revenir à mes racines 😉  Où nous rencontrons les deux jeunes filles franco-belges croisées à Copacabana… nous sommes décidément de bons touristes 😉 Nous qui pensions être originaux.

Demain, nous allons visiter les très belles (il paraît) ruines de Tiwanaku… non loin de la ville. J’y vais en pensant à ma grand-mère. Je me réjouis de découvrir ces fameuses ruines décrites dans le livre de Henri Gougaud  « les sept plumes de l’aigle ».Livre que je vous recommande, pour comprendre l’importance le la Terre, de la Nature et de L’Esprit dans la culture au Pérou et en Bolivie. Nous avons déjà découvert la tentaculaire La Paz, à nous les ruines…

Delphine

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J+ 223 (15/04/2012) La Paz – Ruines de Tiwanaku

Nous avons rendez-vous à 9 heures au péage de l’autoroute, pour nous rendre à Tiwanaku ou Tiahuanaco en espagnol. Village et nom des ruines de la civilisation qui porte le même nom. Le site est classé au patrimoine mondial de l’Unesco. C’est un endroit qui a fait couler beaucoup d’encre. Pas mal d’archéologues se sont interrogés sur le pourquoi du comment ces pierres ont pu être taillée de façon aussi parfaite et comment on a pu déplacer un monolithe de 132 tonnes. Le site aussi est un ancien port de pêche du lac Titicaca, qui est à 3 heures de marche de là… D’autre aussi suppose qu’il y a plusieurs centaines de millier d’années, la mer recouvrait une partie de l’altiplano Bolivien. Ce qui peut sembler probable, vu sa situation plutôt proche de l’océan et étant dans une zone à activité sismique importante. Certains pensent que l’Altiplano était bien plus bas avant et que les montagnes ayant bougé aurait provoqué l’élévation du plateau…. Beaucoup de mystères autour de cette civilisation qui a précédé les Incas et qui a perduré presque 2000 ans, de 600 AVJC jusqu’ à 1200 APJC. Certains disent même que les extra-terrestres sont venus les aider… un visage sculpté dans la pierre pourrait aller dans ce sens …

Les ruines sont situées  au milieu de la pampa entourée de la superbe Cordillera Real qui regroupe un nombre impressionnant de monts enneigés. Le site est un peu tristounet, il fait gris et les fils barbelés qui bordent le site donnent une impression d’être dans un camp militaire. Les maisons en briques ternes au loin n’arrangent rien. Mais le site est intéressant et son musée aussi. Les fouilles ont permis de retrouver une multitude de pièces servant à la vie de tous les jours comme aux cérémonies. Comme beaucoup de civilisation de ce continent, ils construisent des monolithes représentant  les hauts dirigeants. Ils sont toujours très stylisés et figuratifs. Ils momifiaient également les membres de l’aristocratie… notre guide nous à même miné la momie et s’est placé dans une tombe pour être sûr que nous comprenions tous bien 😉   Notre guide a rendu la visite très vivante et assez drôle… On sent qu’il est à l aise dans ces pierres. Dont certaines sont connues pour être énergisantes. Lorsque l’on monte au dessus du temple, notre énergie s’en va…  et est remplacée par une nouvelle, que les pierres nous partagent.

C’est également ici, que Luis A, dont la vie est racontée dans les sept plumes de l’aigle à commencé sa quête mystique aidé par le gardien des ruines, El Chura… Un site donc plein d’énergie, de mystères et d’intrigues… Nous avons partagé la visite avec un sympathique Québécois… c’est toujours amusant de comparer nos cultures, nos langues et nos pays…

Nous partons, surtout moi, chargés de bonnes ondes pour reprendre nos vélos demain… et quitter cette banlieue folle, El Alto. Le reste de notre journée sera moins passionnant étant clapés dans notre hôtel au milieu de nul part, tout y étant fermé, c’est dimanche. Pas moyen d’avoir internet non plus dans l’hôtel… soirée film en perceptive pour nous enlever les ondes étranges de cette ville très … bolivienne.

Delphine

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J+ 224 (16/04/2012) La Paz, El Alto (alt4000m) – Thonal (alt3980m) 65km

Déjeuner dans la drôle de cantine de l’hôtel… chaises et tables en plastique et nappes défraichies en guise de mobilier, mais ce qui donne tout le charme du petit-déjeuner c’est la vue extraordinaire que nous avons sur la Cordillera Real. Le ciel est d’un bleu éclatant, le soleil tape de tous ces rayons et les monts enneigés se dévoilent dans toute leur splendeur.

Nous attaquons la sortie de la ville avec l’entrain nécessaire pour quitter une ville folle. Il nous faudra plus d’une bonne heure pour venir à bout de la banlieue, minibus par millier, bus roulant comme des sauvages et camion crachant une fumée noire… nous avons notre taux dans le sang de dioxyde de carbone qui va exploser. J’ai les dents de devant noires de suie et de poussière et le visage recouvert d’un film me donnant grise mine… le test de la lingette est effrayant 😉  L’altitude, plus les gaz d’échappements rendent les légères  ascensions que nous avons désagréables. Je ne suis pas et Cédric qui est obligé de m’attendre en haut de chaque côte.

Nous prenons le temps d’une bonne pause au poste de contrôle policier 30 km plus loin pour dîner. Nous mangeons dans une gargote entourés de policiers et de responsables du développement environnemental. Moment causette avec un policier spécialisé dans le trafic de drogue, heureusement nous n’aurons pas droit à des fouilles 😉

Quelques kilomètres plus loin, la route est toujours en travaux mais se sépare, la bande de droite est terminée mais les camions et autres usagers n’y ont pas encore accès… Nous offrons un peu de répit à nos poumons en nous éloignant de quelques mètres de la grand-route. Nous respirons mieux et c’est plus confortable pour nous de rouler sans avoir un camion ou bus fou dans le dos en permanence. La route est étroite (c’est pourquoi ils sont en train de la doubler) et il y a beaucoup de trafic. C’est la seule route menant à Oruro qui est une ville importante du pays ainsi qu’à Cochabamba, dans la selva où beaucoup de touristes se rendent. Ensuite pour aller dans les autres villes, c’est de mauvaises pistes. Dire que les travaux entre La Paz et Oruro ont commencé il y a des années et que c’est encore loin d’être terminé, les autres villes peuvent encore attendre longtemps.

Delphine

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J+ 225 (17/04/2012) Thonal (alt3980m) – Cruce Ayzakkollo (alt3725m) 77km

Ce matin, un grand débat nous anime. Cédric a eu une idée lumineuse hier. Acheter des bidons vides de 20L afin d’en faire des « coffres » pour mettre sur nos vélos et ainsi avoir un peu plus de place. Seulement voilà, avec les sacs de couchages, la tente etc. Les arrières de nos vélos sont déjà bien chargés. Après plusieurs tentatives de mise en place de nos fameux coffres, nous réussissons à tomber d’accord. Cédric prendra la tente, son sac de couchage, sa veste et une partie de la nourriture (nous nous préparons à transporter presque deux semaines de nourriture pour le Sud Lipez, donc  il faut de la place) et moi, la bâche et de la nourriture également. Tout cela nous a bien mis en retard mais nous a épargné une bonne drache… Nous décollons qu’il est déjà 10h30… Le dénivelle est plat, nous avançons bien, mais après quelques kilomètres nous rencontrons un cyclo allemand un peu farfelu avec qui nous discutons un bon moment. Nous repartons pour quelques kilomètres, puis nous pausons pour le dîner…

Bon, les choses sérieuses commencent pour le reste de l’après-midi. Il nous reste pas mal de kilomètres avant Oruro où nous voulons être absolument demain. Donc nous devons en faire le plus possible aujourd’hui. Les faux plats plus le vent sont nos ennemis…Nous avançons à un rythme d’escargot alors que nous montons à peine. Vers 17h, nous commençons à chercher un endroit pour planter notre tente… pas chose facile avec cette pampa hyper plate. Trouver un endroit à l’abri des regards est un peu compliqué. Après une petite heure de recherche, nous jetons notre dévolu sur une petite ferme qui  semble pouvoir nous isoler assez de la grand-route sans pour autant gêner les habitants. Nous cherchons à travers champs le propriétaire, nous tombons sur un jeune homme de treize ans nommé William qui nous dit que l’on peut planter la tente et que sa maman revient dans pas longtemps. Nous montons donc la tente en compagnie de William. Il nous aide remarquablement bien, il gonflera même mon matelas. Un petit gamin plein de bon sens et vif d’esprit à qui nous n’avons pas dû expliquer comment on monte une tente.

Nous sommes déjà à moitié couchés lorsque la propriétaire des lieux vient nous saluer et nous confirmer que nous ne dérangeons pas. Nous aurons en fond sonore cette nuit les aboiements de chien et les moteurs des camions. La région est réputée pour être très froide la nuit, nous allons tester nos nouveaux équipements…

Delphine

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J+ 226 (18/04/2012) Cruce Ayzakkollo (alt3725m) – Oruro (alt3700m) 85km

Lever avec le chant du coq… Nous avons de la chance, nous avons changé l’heure en arrivant en Bolivie, si bien que le soleil ne se lève qu’à 6h30… Il fait plutôt bon dans notre tente même si on sent bien la différence en sortant de nos chaleureux sacs de couchage. Dehors, il fait de suite moins chaud, 5°c affiche mon compteur… Nous sommes encore loin des températures négatives qui nous attendent dans le sud lipez. Nous replions notre maison avec l’aide de William et Franco, un ami à lui. Séance essai des vélos pour tous les deux, ils ne se débrouillent pas trop mal avec nos vélos qui sont bien chargés. Ils ont du mal à quitter nos casques, qu’ils s amusent à s’échanger 😉  Nous quittons nos nouveaux amis qui doivent se rendre à l école.

Pause café quelques kilomètres plus loin dans le village tout proche avant d’attaquer notre « montée » de la journée. Un peu plus de quarante kilomètres plus loin, vers 11h30, nous prenons notre « almuerzo » habituel. C’est en fait le menu du jour souvent composé d’une soupe et d’un plat et quelques fois d’un dessert. On aurait tord de s’en priver, pour nous deux, nous en avons invariablement pour 2 euros. Nous avons encore quarante kilomètres avant d’arriver à Oruro. Lorsque nous demandons comment est la route jusqu’à la ville, les habitants nous répondent « puro plano »… En effet c’est hyper plat, nous bouclons nos kilomètres restant en deux heures. Arrivés à Oruro, nous peinons un peu pour trouver le centre, et un hôtel sympa qui ne soit pas complet. Nous jetons notre dévolu sur un hôtel qui n’est pas repris dans notre guide. Une très bonne surprise… c’est très sympa, l’accueil est chouette et tout y nickel… à ce prix, une aubaine. Nous filons acheter nos billets de train pour Uyuni pour vendredi après-midi. Il y a un monde fou en ville, le marché qui s’y déroule est tentaculaire. Il y a même des petites aubettes pour manger sur la voie de chemin de fer…. Lorsque le train passe, les gens se bougent et se replacent ensuite. Unique. Nous sommes fourbus mais heureux du chemin parcouru depuis La Paz sur cette route encombrée.

Delphine

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J+ 227, 228 et 229 (19 et 20 et 21/04/2012) Oruro (alt3700m) – Uyuni (alt3650) trajet en train

 

Nous prenons un petit-déjeuner de roi dans un sympa resto, simplement  juste des pancakes… avec du bon beurre. Plutôt des crêpes en fait mais c’est hyper bon. Nous arpentons les rues pour faire nos courses pour nous préparer à la traversée du Salar d Uyuni et du sud Lipez. Nous achetons du Quinoa en grande quantité, ainsi que thon, et autres conserves. La ville en soi n’a pas grand intérêt mais nous devons y attendre notre train pour Uyuni qui n’est que demain à 15h30. Nous passons devant un cinéma, ils projettent ce soir « L’artiste »… Ni une ni deux, Cédric en profite pour m’inviter ce soir au cinéma 😉  La ville est plaisante tout compte fait. Petit souper rapide dans le resto Govinda, restaurant végétarien tenu par les Hari Krishna, on en trouve un peu partout en Amérique du Sud. Nous sommes seuls au commencement de la projection qui se fait toujours avec des pellicules et un projecteur à l’ancienne. Le film commence à peine que la pellicule brûle… Je demande à Cédric si c’est  dans le film…. Mais non c’est bien vrai. Une petite partie du film est coupée et la séance peut commencer. Le son craque comme dans les vieux films et le projectionniste est souvent obligé de recadrer l’image qui ne prend qu’une partie du grand écran. Très authentique comme séance cinéma, très drôle et je n’aurais pas imaginé voir ce film en Bolivie… Le film nous plait beaucoup évidement, petite parenthèse enchantée… Je me réjouis de rentrer pour faire une orgie cinéma…

Nous sommes un peu stressés à l’idée de mettre nos vélos dans le train, nos sacoches et vélos vont être séparés et nous ne savons pas si la compagnie de train gère ca correctement ou pas. Vers 11h30, direction la gare pour faire enregistrer nos vélos et sacoches. Tout se passe dans le calme, nos vélos vont peut-être être traités correctement. Nous attachons nos sacoches par quatre afin de minimiser le risque de disparition. Vers 14h30, nous pouvons embarquer, nous sommes bien installés. Sièges inclinables, place pour nos jambes, air conditionné, musique et télé grand écran… quel luxe. Il y  même des couvertures à disposition. Petit moment de stress au moment du départ, nos vélos ne sont pas embarqués, Cédric s’en inquiète, mais ouf, ils les embarquent au dernier moment. Cool, il y a de la place, ils ne seront pas massacrés. Le voyage est agréable et tout se passe sans encombre. Nous dînons dans le wagon restaurant, même si le repas n’est pas extraordinaire, c’est fun de manger dans un train 😉  J’aurais réalisé un de mes rêves, prendre le train dans la Cordillères des Andes, ils m en reste d’autres en train, aller jusqu’à Vladivostok avec le Transsibérien, si quelqu’un veut m’accompagner…. De plus le paysage pour quitter Oruro est splendide, on croirait rouler sur l’eau, il y a des flamands roses sur les lagunes et les montagnes au loin. Le coucher de soleil est flamboyant. Nous arrivons vers 22h30 à Uyuni. Nous récupérons nos vélos entiers et nos sacoches en bon état malgré le mauvais traitement qu’elles ont subi.  Nous logeons dans une petite auberge en face de la gare… C’est sympa, propre et même une grande cour pour pouvoir faire le grand nettoyage des vélos avant le grand départ 😉

Nous prévoyons de partir demain ou lundi pour le sud lipez, donc pas mal de courses en perspectives, renseignements à prendre aussi pour le salar, savoir s’l est praticable en vélo ou non. Lorsqu’ il est sous eau, ce n’est pas possible de se rendre à l île au milieu ni le traverser. Et en effet, nous rencontrons un couple de Français qui reviennent du Sud Lipez à vélo et qui confirment nos craintes. Pas possible de la traverser. Nous nous renseignons dans une agence pour savoir jusqu’ à quand il est sous eau. Encore un mois en plus. Dommage, nous nous y rendrons donc en vélo demain mais nous ne pourrons en faire qu’une petite partie et départ pour le sud Lipez lundi matin.


Sandrine & Vincent : http://cyclonomades.wordpress.com/

 

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J+ 230 (22/04/2012) Salar d Uyuni (alt3650m) 60km

 

Départ pour le fameux et si fabuleux Salar, le plus grand du monde, 1 200 000 km2… Comme nous ne pouvons le traverser entièrement, nous allons simplement y faire un tour avec nos vélos. Sur les conseils des deux autres cyclos rencontrés la veille, nous préférons nous y rendre à vélo. Arrivés sur le Salar aux environs de 12h30, le vent se lève. Nous zigzaguons entre les flaques d’eau afin de nous rendre sur la partie non-inondée. Le reflet du ciel dans l’eau donne des airs de glacier à ce désert de sel. Rouler sur le Salar est facile et agréable, dommage que nous ne puissions le traverser en vélo.

Un flux incroyable et constant de 4×4 silionne sans arrêt le Salar, avec pause photos obligatoire… Cela dit on se prête au jeu des photos ridicules aussi 😉 Nous trouvons un petit coin en recul et au calme pour profiter de cette magnifique étendue blanche… Pause déjeuné au milieu du Salar loin de tous bruits et sans autre vue que le blanc immaculé et le ciel sans nuages… Nous rentrons à Uyuni en coupant à travers champs afin d’éviter en partie la mauvaise piste Un bon plat de pâtes et un bon lit pour être frais et dispo pour notre départ pour le Sud Lipez demain matin.

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Salar_de_Uyuni

 

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J+ 231 à 241 (23/04 au 03/05/2012) Traversée du Sud Lipez (alt entre 3650 et 5027m) 375km

 

 Ce matin, nous partons pour le Sud de la Bolivie, appelé Los Lipez ou Sud Lipez dans le jargon touristique et cycliste 😉  Le Sud Lipez est réputé pour ses paysages fabuleux, son climat rude et ses routes… affreuses. Mais des routes difficiles nous en avons déjà fait et puis pas mal d’autres cyclistes l’ont fait avant nous. Nous allons démarrer à 3600m pour être le plus souvent aux environs de 4200 m dans le Sud Lipez avec des passages à 4800m et 5000m… Ce parcours est mythique dans le monde des cyclos-voyageurs et est réputé difficile. Cédric en rêve depuis des mois et moi je m’y prépare psychologiquement depuis aussi longtemps. Dix jours voire plus sans aucun confort ou presque, pas de douche, dormir sous tente par moins quinze momifiés dans tous ses vêtements, combattre la pierraille et la fatigue…. Voilà un programme que je redoute un peu. Mais nous nous y lançons quand même après avoir pris soin d’étudier le topo et les dénivelés qui nous attendent, de faire de bonnes courses pour tenir dix jours en sachant que nous mangerons quand même dans les refuges et préparer notre équipement également.

Après plusieurs tentatives de fixation de notre équipement sur nos vélos (c’est la première fois que nous partons si chargés). Eau, nourriture et tout pour affronter le froid, ça prend pas mal de place. Après réflexion, Cédric trouve comme solution de placer la tente sous sa sacoche guidon et non à l’arrière du vélo afin d’équilibrer le poids. Vers 12h, départ officiel pour notre « grande » aventure 😉

Direction la pompe d’essences pour faire le plein pour notre réchaud et hop nous voilà parti à l’assaut des routes terribles du Sud Lipez… La route pour quitter Uyuni est plane mais dans un état moyen… Ce n’est pas hyper confortable mais roulant. Nous sommes toujours sur l’Altiplano, donc c’est plat et le vent souffle du nord-ouest et les montagnes sont au loin… Vers 17h, nous apercevons un gros monticule de sable où nous serons protégés du vent et de la route. Malgré tout, notre journée fût bien remplie, une bonne nuit de sommeil nous fera du bien.

Nous voilà parti pour une autre journée de pampa, mais aujourd’hui nous voyons pas mal de lamas au grand bonheur de Cédric, qui ne se lasse pas de les prendre en photo. Notre pause quinoa de midi sera salvatrice. La route n’est pas difficile et plane mais le vent et la route caillouteuse rendent les choses moins confortables. Mais il fait beau et le soleil brille… Dix kilomètres plus tard, nous arrivons à San Cristobal. Petite ville au milieu du désert où l’on trouve tout ce qui faut pour des cyclos comme nous. Même de la glace… nous en mangeons deux bâtons chacun 😉 Nous y rencontrons deux belges qui voyagent depuis plusieurs mois en voiture depuis Anchorage en Alaska. Ils parcourent le Sud Lipez en 4×4 histoire de ne pas achever leur voiture. Merci beaucoup à eux pour leurs encouragements. 

 

Peter & Catherine : http://cape2011.weebly.com/


Vu que nous sommes en ville nous songeons à y loger mais pas possible, soit trop cher, soit complet soit fermé. Nous camperons donc plus loin, dans le lit asséché d’une rivière, soirée cool en perspective.

Après une bonne nuit abrités du vent et de la route au milieu de notre rivière, nous partons alors que le vent se lève. Il est glacial mais nous l’avons de côté, ce qui pour le moment ne nous dérange pas trop. Nous nous couvrons tout de même le visage comme des bandits 😉 Nous arrivons vaille que vaille au prochain petit village, un bon petit jus d’orange en boîte bien sucré fera l’affaire puisqu‘il n’est pas possible d’y dîner ou de boire un café. L’accueil des Boliviens depuis que nous avons quitté Uyuni est assez mitigé pour ne pas dire carrément froid.

Lorsque nous reprenons la route, le vent se fait plus violent, pour monter la côte devant nous, à plus de 10%, nous devons nous y reprendre à plusieurs fois tellement les bourraques sont fortes. Arrivés dans la plaine, une looooooooongue ligne droite nous attend et le vent reprend de plus belle. Nous nous abritons pour dîner sous un pont avec un bon plat de quinoa au sable. Rebelote, nous affrontons ce vent qui se fait si fort que nous dévions sans cesse sur le côté. Nous l’avons presque de face mais suffisamment de côte pour nous faire basculer. Nous estimons la vitesse entre  40 et 60 km/h… Nous abandonnons la lutte vers 17h pour planter notre tente entre deux talus…La nuit va être froide. Le thermomètre descendra jusqu’à moins 8°c dehors, mais avec toutes nos couches et nos sacs de couchage, la nuit fût plutôt bonne.

Nous partons motivés le lendemain tôt afin de faire le plus de kilomètres possible avant que le vent ne soir trop fort. Nous atteignons assez vite Alota, ville où nous voulons acheter de l’eau et peut-être dîner au chaud. Mais comme les villages précédents, les tiendas sont souvent fermées et pas d’endroit où manger. Nous frappons à la porte d’une tienda qui accepte de nous vendre de l’eau, du coca et autre vivres plus ou moins essentielles mais pas de pâtes ni de riz ou biscuits…  Plus loin, nous demandons à un 4×4 à l’arrêt où nous pouvons manger, juste ici nous répond-t-on… mais la propriétaire des lieux nous fait signe que non… Bon, nous n’insistons pas, nous irons faire cuire nos pâtes plus loin dans une maison abandonnée. L’accueil  froid et distant me laisse sans voix.Ca n’est pas forcément une généralité mais dans ces petits villages isolés, où nous comptons fort pour faire des pauses sympas, la chaleur n’est pas du tout au rendez-vous.  Il nous faudra plus d’une bonne heure pour allumer le réchaud et enfin pouvoir manger. Entre-temps le vent s’est levé et est de nouveau violent, moins qu’hier mais suffisamment fort pour nous ennuyer.

Les ouvriers refont la route sur laquelle nous sommes obligés de passer. Il l’humidifie avec de gros camions citernes qui diffusent de l’eau et un rouleau compresseur passe ensuite dessus. Mélange explosif pour nos vélos qui en moins de dix minutes sont recouverts de boue ainsi que nos sacoches. Si bien que nos vélos n’avancent plus du tout. La boue s’entasse entre les roues et les garde-boues qui portent bien leur nom. Nous sommes obligés de défaire les sacoches et les roues pour en venir à bout.  Nous poussons nos vélos sur le bas côté jusqu’à la fin des travaux. Ensuite surviennent vent et côte, côte et vent. Nous sommes au milieu d’une forêt de pierres, endroit idéal pour planter notre tente à l’abri de ce fichu vent. Nous avons l’impression de nous battre contre des moulins… plutôt que de rouler véritablement à vélo. Demain, départ très tôt afin d’éviter les vents violents de l’après-midi. Il nous en faudra du courage.

Nous quittons très tôt notre forêt, nous sommes sur nos vélos dès huit heures, plus tôt c’est assez difficile, fait plutôt froid à cette heure là…. Partir à huit heures veut dire debout à six heures…. Puis remballer la tente, les sacoches et préparer le petit-déjeuner…Nous sommes transit de froid en montant sur nos vélos. Il fera froid toute la matinée, de plus le vent s’est levé et est de plus en plus fort. Nous trouvons un talus pour nous y abriter et profiter du soleil pour nous réchauffer. Nous continuons vaille que vaille, pause de midi sous un pont plus ou moins à l’abri du vent. Nous reprenons nos vélos mais en poussant cette fois. Nous n’avons plus la force de rouler, après trois jours avec ce vent, nous commençons à douter. Puis…. Un camion avec plateau non chargé s’arrête et nous demande où nous allons. Il nous propose de nous y déposer. Nous chargeons vélos et sacoches et nous voilà bien au chaud dans la cabine. Nous profitons de ce petit instant de chaleur. Il nous dépose quelques kilomètres plus loin à l’embranchement. La route « correcte » s’arrête et à nous les pistes caillouteuses et sablonneuses. Nous montons un peu sur une route à peine croyable tellement elle est caillouteuse…. pour arriver dans une immense plaine. Nous nous cachons derrière des rochers pour planter notre tente et enfin souffler un peu…

Ce matin, direction 20km plus loin l’hôtel de la laguna Hérionda…afin de négocier un petit endroit pour dormir, les chambres sont vraiment hors de prix. Nous avons eu de la route sablonneuse plus du vent de face et de côté…. Nous sommes vraiment soulagés d’y arriver en début d’après-midi. L’accueil y est sympa, et nous avons deux bons lits pour ce soir. L’endroit où ils sont installés est froid et triste mais les lits sont dignes d’un bon hôtel. Demain, une grosse journée de montée nous attend, alors nous profitons d’un bon café, dîner et souper… tout pour nous retaper et attaquer les prochains jours.

Nous devons monter jusqu’à 4600m et nous sommes à 4100m… à priori sur 20km c’est plutôt cool mais c’est oublier que les routes sont exécrables. Nous n’avançons pas à une vitesse éclair, la tôle ondulée est de la partie et rend notre ascension lente. Presque arrivés au sommet, la piste se transforme en route sableuse, et le vent tourne au sud, si bien que nous l’avons de face. Le vélo de Cédric est lourd et il peine à le pousser dans la côte, tout comme moi. Ensuite, viennent deux bons kilomètres de côte à plus de 10%… et puis un faux-plat en plein vent…. Là, je dis stop, il est 17h passé, il fait froid et le soleil décline. Nous planterons notre tente dans le vent et le froid pour cette nuit. En couvrant la tente avec la bâche nous diminuons un peu l’impact du vent du notre maison ambulante. La nuit fût très froide…. Moins quinze au compteur.

Nous continuons notre ascension jusqu’à 4600m le lendemain pour avoir ensuite une descente de 10 km exécrable et sablonneuse…. Toujours le même discours après trois jours…. Dire que nous en avons encore pour 6 ou 7 jours… A l’allure où nous avançons, nous allons y passer le printemps…

Nous campons dans une maison abandonnée… plus ou moins à l’abri du vent. Nous ne réussissons pas à dormir. La fatigue s’accumule et les nerfs sont à vifs…. Crise de larmes assurée. Je doute de pouvoir continuer…et Cédric n’est pas non plus convaincu à 100%.

Nous reprenons nos vélos en sachant que 18km de descente nous attendent, nous sommes soulagés… la route est toujours en tôle ondulée mais nous avançons sans trop forcer… Direction la laguna Colorada, magnifique lagune qui se colore de rouge grâce aux planctons qui tapissent le fond. Nous arrivons au refuge dans le début de l’après-midi… Et nous décidons de trouver un 4×4 pour demain qui pourra  nous avancer de plusieurs kilomètres. Nous n’avons plus le courage de faire le 110km qui restent jusqu’à la frontière chilienne. Bonne nouvelle de la journée, nous dormirons au chaud 😉  Le soir, nous faisons le tour des chauffeurs de 4×4, mais ils sont déjà tous pleins de touristes… il nous reste la solution d’une voiture « express » comme ils disent mais ça nous délesterait de tous les petits sous qu’ils nous restent. Après réflexion et négociation, nous trouvons un accord avec un habitant du village qui accepte de nous conduire 80km plus loin. Donc, nous évitons de monter deux cols et le passage à 5000m et à 4800m… Nous faisons le détour par les geysers… magnifiques… Et puis nous filons droit sur notre destination…. La laguna verde… le chauffeur nous dépose  10km avant…Nous dégringolons les km qu’ils nous restent, prenons pleins de photos de cette superbe laguna… et continuons jusqu’au poste de contrôle du parc national… Comme nous sommes sans un sous en poche, nous ne pouvons dormir au refuge. Il nous reste seulement de quoi payer la poste de douane bolivien pour en sortir…. Nous arrivons au poste de douane où nous croisons deux tchèques qui se lancent dans la traversée de ce …. Sud Lipez à vélo…. Bon courage à eux. Comme l’idée de dormir dehors ne nous enchante pas trop, nous demandons au douanier sil veut bien nous héberger… Il nous propose deux lits… pas très confortables mais avec pleins de couvertures. Nous aurons chaud cette nuit, c’est sûr. Nous dégustons une soupe en compagnie du douanier qui vit seul au milieu de nulle part dans le froid de la montagne et passons une soirée à philosopher sur la Bolivie et la Belgique à la lueur d’une chandelle… Ce fût une belle rencontre.

Nous quittons le lendemain notre nouvel ami, tôt, il gèle encore…  mais nous aurons l’honneur de rencontrer la seule compagnie du douanier, un petit renard pas farouche qui vient réclamer sa pitance et Cédric fût heureux de faire le lever du drapeau en compagnie du douanier… S’en suivra six km de montée pas sympa et puis 23km de descente heureuse pour arriver à San Pedro d’Atacama au Chili, nous passons de 4600m à 2400m d’altitude, autant dire que nous avons chaud en arrivant. Au poste de douane, nous rencontrons deux cyclos en vélos couchés qui attendent patiemment que quelqu’un veuille bien les charger pour aller en haut de la côte… Nous discutons un moment avec eux et puis filons trouver un hôtel et enfin prendre une douche et reprendre contact avec le monde réel…  

 

Angélique & Rémy : http://verslhorizon.wordpress.com/


A l’heure où j’écris ces lignes, je ne sais pas quoi penser de cette aventure… j’en garde un petit goût amer de navoir pas pu tout faire en vélo. Cela dit, les quelques kilomètres en Jeep nous ont permis de découvrir d’une autre manière les splendides paysages du Sud Lipez… En trinquant sur nos vélos, nous n’avons peut-être pas savouré ces paysages extraordinaires comme nous l’aurions dû… surtout moi… C’est un endroit magique que nous avons pu contempler, sentir, vivre au sens vrai du terme… Mais en vélo… le moral, le physique, ce que nous avons au fond de nous est mis à rude épreuve. Il faut être prêt à la vivre… Ce qui pour moi ne fût peut-être pas le cas…  D’autres cyclos eux, le font aussi en partie en 4×4, comme les deux suisses rencontrés en plein milieu de ce désert.  Ils en ont fait la moitié en vélo, et ils ont eux aussi comme nous très dur…. Ce qui fût très surprenant, c’est le peu de soutien de la part des touristes en 4×4 qui nous croisent ou dépassent… A part nous prendre en photo comme des animaux. A l’exception de deux Jeep, qui nous on proposé eau et chocolat et se fût à chaque fois des français…

Le plus drôle de la fin de notre périple, c’est Cédric qui heureux d’arriver au Chili, fît signe comme un enfant à tous les camions dans la descente vers Atacama… 😉

Delphine

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